Conflit Iran–Israël–États-Unis : crise au Moyen-Orient, engrais, azote et risques pour l’économie mondiale

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La crise au Moyen-Orient menace l’accès aux matériaux et ressources clés, notamment les engrais, fragilisant les chaînes d’approvisionnement et l’équilibre économique mondial.

Depuis le 28 février 2026, et à la date où cet article est publié, cela fait 2 mois et 6 jours que le conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis d’Amérique, l’État d’Israël et la République islamique d’Iran est en cours. De nombreuses questions planent sur la possible réouverture du détroit d’Ormuz, malgré le cessez-le-feu.

Une instabilité mondiale liée aux ressources stratégiques

Cette escalade militaire a entraîné une instabilité dans la région, mais aussi à l’échelle mondiale, tant d’un point de vue économique que du point de vue des ressources, matières et matériaux. Aujourd’hui, la majeure partie de la production d’azote — ammoniac (NH3), engrais et surtout urée — est concentrée dans les pays du Golfe comme le Qatar, Oman ou l’Arabie saoudite.
Tandis que le détroit d’Ormuz est fermé des deux côtés, les engrais ne peuvent plus être exportés et restent bloqués.

Par ailleurs, le procédé Haber-Bosch, au cœur de la production d’ammoniac, est indispensable à la fabrication des engrais.

Des conséquences majeures sur l’agriculture et les marchés

Cela représente environ 20 % de la production mondiale d’engrais, et jusqu’à 46 % pour l’urée — CO(NH2)2. Les principaux acheteurs sont la Chine (20 %), l’Inde (23 %) ainsi que de nombreux pays africains.
Dans l’ensemble, les perturbations des flux d’engrais en provenance du Golfe devraient resserrer l’offre agricole mondiale, en particulier pour les cultures fortement dépendantes de l’azote comme le maïs et le blé. Les agriculteurs pourront certes atténuer partiellement cet impact en réduisant l’usage d’engrais, en modifiant leurs cultures ou en se concentrant sur les zones les plus productives. Cependant, ces ajustements ne suffiront pas à compenser entièrement le manque d’intrants.
Il en résultera probablement des récoltes mondiales plus faibles, une hausse des prix des aliments pour animaux et des denrées alimentaires, ainsi qu’une volatilité accrue des marchés agricoles, les grands importateurs comme l’Inde et la Chine étant les plus durement touchés.
Une influence sur les ressources, les matières et les matériaux qui reste encore largement méconnue du grand public à ce jour.


Références

  1. The Guadian — Iran war may cause food shortages in Africa, world’s largest fertiliser firm says (1 mai 2026) : https://www.theguardian.com/business/2026/may/01/iran-war-may-cause-food-shortages-in-africa-world-largest-fertiliser-firm-yara-says
  2. World Economic Forum — The Strait of Hormuz crisis affects more than just oil. Here are 9 other commodities (1 avril 2026) : https://www.weforum.org/stories/2026/04/beyond-oil-lng-commodities-impacted-closure-hormuz-strait/
  3. Cosmos Materia – MatérioThinking — Le procédé Haber-Bosch : transformer un gaz en nourriture (4 mai 2026) : https://www.cosmosmateria.com/le-procede-haber-bosch-transformer-un-gaz-en-nourriture/
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Nizami ISRAFILOV, Ph.D.

Docteur en chimie • Chroniqueur de MatérioThinking

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