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Salut c’est Nizami et je vous présente la première édition de ma chronique Cosmos Materia : MatérioThinking. Nous y parlerons de la matière, à la fois sous l’angle des matériaux et comme sujet de réflexion, avec la vision de la communication scientifique portée par le média Cosmos Materia : humaine, inclusive et accessible.
Alors le titre vous à déjà spolié et vous allez me dire : « WTF Nizami, comment Pikachu peut-il causer le réchauffement climatique ?! »
Et moi je vais vous répondre : oui, il peut.
Mais du calme les ami.e.s — Pikachu est juste un exemple. Ça pourrait aussi être les Power Rangers ou les Tortues Ninja.
Aujourd’hui, je vais vous parler de la vraie empreinte carbone des choses, surtout des petites figurines en plastique qu’on achète parce que c’est « chouette ».
Rappel de base : la physique ne rigole pas
Deux principes fondamentaux à garder en tête :
La loi de conservation de la masse : lors d’une réaction chimique, la masse des réactifs est égale à celle des produits.
La loi de conservation de l’énergie : l’énergie ne peut être ni créée ni détruite.
Donc, logiquement, on ne peut pas créer une figurine de Pikachu à partir de rien. Il faut de la matière et de l’énergie. Et comment on obtient ça ? Comme dirait Trump : “DRILL BABY, DRILL”.
Naissance d’un Pikachu en plastique
Non, je ne vais pas parler du Big Bang. Parlons plutôt du début de la création du plastique qui deviendra ce fameux Pikachu.
Un plastique c’est la combinaison entre un/des polymère.s + additifs.
Les polymères les plus utilisés dans la fabrication de figurines du type Pikachu et autres Pokémon de la licence sont le polyéthylène, le polypropylène, ou d’autres « poly-trucs » — des plastiques qui proviennent à 99 % du pétrole.
Petit point de culture générale au passage : « poly » ne veut pas dire poli, ça veut simplement dire « plusieurs ».
Exemple : éthylène → polyéthylène, c’est juste plein d’éthylènes collés ensemble.
D’ailleurs, Mike a réalisé une capsule “La Minute matériau” sur le thème : “C’est quoi un polymère ?”.
Étape 1 : L’extraction du pétrole
J’ai bossé dans cette industrie pendant 5 ans, donc je vous parle en connaissance de cause.
Pour extraire du pétrole, on creuse un puits, parfois en mer, en Arctique, ou au beau milieu d’une forêt, donc on commence déjà à attaquer la nature. Et creuser un puits, ce n’est pas juste faire un trou. On utilise des fluides de forage (souvent rejetés direct dans la mer), des équipements de malade (genre des têtes de forage en diamant, oui oui, du vrai diamant), et une tonne d’acier et de ciment bourré de produits chimiques. Et tout ça peut polluer les nappes phréatiques.
Et je vous épargne les détails sur l’EOR – Enhanced Oil Recovery qui désigne l’ensemble des techniques utilisées pour extraire du pétrole supplémentaire d’un réservoir après les méthodes conventionnelles (primaire et secondaire) ou bien Fracturation hydraulique (ou “fracking”) qui est une technique utilisée pour extraire du pétrole ou du gaz piégé dans des roches peu perméables, comme le schiste.
Je ne souhaite pas que cette première édition de la newsletter MatérioThinking devienne un cours de drilling engineering, mais plutôt un espace pour comprendre comment la matière “pense” et interagit avec nos actions.
Étape 2 : Le traitement du pétrole brut
Une fois que le pétrole sort du puits, on ne peut pas l’utiliser tel quel. Il faut le traiter :
Séparer l’eau, le sable, les impuretés.
Ajouter plein de produits chimiques (chacun avec son empreinte carbone, bien sûr).
Puis, il faut raffiner ce pétrole :
Distillation (chauffage jusqu’à 400 °C),
Craquage thermique ou catalytique (avec métaux rares et hautes températures) pour obtenir des molécules comme le butadiène.
Polymérisation : on transforme ces petites molécules en longues chaînes de polymères, grâce à beaucoup d’énergie… et quelques catalyseurs bien choisis.
Une fois le polymère formé, on y ajoute des additifs pour lui donner ses propriétés finales : rigidité, couleur, souplesse…
Puis on le met en forme, sous presse ou par injection.
Et tadaaa : on a notre Pikachu !
PIKA PIKA… CO2 CO2 !!!
Alors si on calcule la vraie empreinte carbone, ça fait des tonnes de CO₂ pour produire une seule petite figurine. Oui, à grande échelle, on optimise un peu (on ne fore pas un puits juste pour fabriquer un Pikachu), mais même avec ça, l’impact reste énorme.
Et encore, les polymères dérivés du gaz naturel (comme le polyéthylène – PE ou le polypropylène – PP) sont un peu moins polluants. Mais « moins » ne veut pas dire « clean ».
Au-delà du carbone, on parle souvent d’empreinte carbone, mais ce n’est qu’un indicateur.
- En réalité, on balance aussi :
- des oxydes de soufre,
- des oxydes d’azote,
- des métaux lourds,
- et on pollue les nappes phréatiques, etc.
Mais ça, je vous le garde pour un autre article.
En conclusion
Comme je le dis toujours : « Mieux vaut prévenir que guérir ».
Essayez de minimiser votre consommation, surtout sur les objets inutiles, et de réduire votre empreinte carbone.
Chaque petit geste compte. Même dire non à un mini Pikachu en plastique.
Je vous laisse méditer et à la prochaine édition.
Nizami
Légende Photo :
MatérioThinking avec le Dr. Nizami Israfilov. Crédit : Cosmos Materia

MatérioThinking
MatérioThinking est la chronique du média Cosmos Materia qui explore la matière comme matériau et sujet de réflexion.


