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Bir inci saflığı varsa da suda,
Artıq içiləndə dərd verir o da.— Nizami Ganjavi
Voici un extrait du grand poète azéri Nizami Ganjavi. Si je devais le traduire en français, ça donnerait quelque chose comme :
Même s’il y a une perle de pureté dans l’eau,
cela causera des problèmes lorsque vous la boirez.— Nizami Ganjavi
Ce n’est peut-être pas la traduction la plus poétique, mais c’est ce que je peux faire en tant que chimiste.
Aujourd’hui, je vous parle du réchauffement climatique dans cette nouvelle édition de MatérioThinking de Cosmos Materia — parce que oui, l’eau est aussi un matériau. En réalité, tout est matériau !
Quand on évoque le réchauffement climatique, on pense souvent au CO₂. Pourtant, comme je l’écrivais dans mon article sur Pikachu, il existe bien d’autres gaz — oxydes d’azote, soufre, méthane — qui sont des gaz à effet de serre encore plus puissants que le CO₂. Ils absorbent davantage d’infrarouge et réchauffent donc plus intensément notre planète.
Mais aujourd’hui, je souhaite vous parler d’un composant souvent oublié : la vapeur d’eau.
Lorsque l’on brûle des carburants fossiles, on rejette du CO₂, certes, mais aussi une grande quantité de vapeur d’eau. Par exemple, dans la réaction d’oxydation du méthane, chaque molécule de CO₂ produite s’accompagne de deux molécules de vapeur d’eau. Et cette vapeur d’eau a un effet de serre majeur, car elle est très abondante et absorbe fortement les infrarouges.
Notre planète est un système fragile : modifier un seul élément, c’est perturber l’ensemble. Un exemple simple : la présence de pesticides dans le corps de l’ours polaire. Ce n’est pas un problème local, mais un signe que tout est lié.
En augmentant la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère, le réchauffement s’auto-entretient. Plus il fait chaud, plus l’air retient d’humidité — et plus l’effet de serre s’intensifie. Vous pouvez le ressentir en voyageant dans le sud de l’Asie : la chaleur y devient presque insupportable à cause de l’humidité.
Mais il y a aussi du positif à tirer de cette vapeur d’eau. Des technologies innovantes permettent désormais de récupérer de l’eau directement dans l’air, notamment dans les régions désertiques. Cela permet de réduire les besoins énergétiques liés à la désalinisation ou au transport de l’eau.
On trouve des approches low-tech, comme les capteurs de brouillard — de simples filets à mailles fines utilisés au Maroc (Fog catchers make water out of thin air | CNN ↗) — mais aussi des solutions high-tech, comme les MOF (Metal–Organic Frameworks). Ces matériaux peuvent absorber l’eau la nuit et la relâcher durant la journée. D’ailleurs, le prix Nobel de chimie 2025 récompense Richard Robson, Susumu Kitagawa et Omar Yaghi pour avoir inventé les réseaux métallo-organiques (MOF).
Par exemple, un kilo de MOF peut capter jusqu’à 285 grammes d’eau dans le désert de la Vallée de la Mort (MOF water harvester produces water from Death Valley desert air in ambient sunlight | Nature Water ↗).
Le hic ? Les MOF demeurent encore coûteux, tandis que les capteurs de brouillard restent une solution plus économique et accessible.
Au final, le seul moyen durable reste de ne plus modifier la composition de notre atmosphère. Et le meilleur chemin pour y parvenir, c’est d’adopter un mode de vie plus minimaliste — plus sobre, plus conscient, et plus en harmonie avec notre planète.
Je vous laisse méditer et à la prochaine édition.
Nizami
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MatérioThinking avec le Dr. Nizami Israfilov. Crédit : Cosmos Materia

MatérioThinking
MatérioThinking est la chronique du média Cosmos Materia qui explore la matière comme matériau et sujet de réflexion.


