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Capturer le carbone : les arbres suffisent-ils ?

Temps de lecture :

2–3 minutes
Capturer le carbone : les arbres suffisent-ils ? Entre photosynthèse, carbone fossile et stockage durable, un éclairage clair sur les limites des arbres.

Sous un angle philosophique, la nature est émerveillante. À partir de photons venus du soleil, de CO₂ et d’eau, les plantes synthétisent une multitude de molécules différentes (principalement des sucres et leurs polymères, comme la cellulose).

Au départ, pour cette édition, j’ai voulu écrire sur les fibres biodégradables. Mais comme je suis curieux et que mon imagination s’emballe rapidement, j’ai dérivé vers un autre sujet : le captage et le stockage du carbone.

Aujourd’hui, il existe plusieurs types de captage du carbone. En règle générale, on le capte soit directement dans l’air (Direct Air Capture), soit à la sortie de sources concentrées (centrales, cimenteries, etc.). Dans la majorité des cas, on l’enfouit ensuite sous terre pour éviter qu’il ne retourne dans l’atmosphère.

Il existe aussi d’autres applications : gazéifier les sodas, produire des carburants synthétiques ou transformer le CO₂ en produits à plus forte valeur ajoutée.

Mais il existe un autre type de captage : le captage biogénique. Pour simplifier, c’est ce que les arbres font depuis des millions d’années grâce à la photosynthèse.

Certes, c’est une capture. Mais est-ce vraiment un stockage ? Car après un certain temps, ce carbone retourne dans le cycle naturel. Plus ou moins rapidement, selon qu’on brûle le bois ou qu’il se décompose sous l’action des bactéries ou des termites.

Planter des arbres est une bonne chose. Mais si l’on ne maintient pas ce carbone hors de l’atmosphère pendant une période suffisamment longue, peut-on vraiment parler de stockage ?

Le problème est que depuis la révolution industrielle, nous extrayons du pétrole, du gaz et du charbon enfouis sous terre depuis des millions d’années, puis nous les brûlons. Nous ajoutons ainsi du carbone « fossile » ou additionnel au cycle de surface.

Même si nous captons ensuite ce carbone, il reste dans le système de surface (biosphère + atmosphère + océans) et finira, d’une manière ou d’une autre, par retourner dans l’atmosphère.

Il est vrai que les subventions accordées à la bioénergie avec captage et stockage du carbone (BECSC, également désignée par son acronyme anglais BECCS) sont souvent plus faibles que celles offertes aux technologies de captage direct du carbone dans l’air. Autrement dit, le soutien public peut parfois sembler moins généreux pour BECCS que pour certaines autres approches de captage.

C’est un problème complexe. Même si l’on recouvrait toute la surface terrestre d’arbres (et rappelons que les océans et les algues jouent un rôle majeur dans la capture du CO₂), nous ne pourrions pas compenser toutes les émissions actuelles.

Il faut donc développer des solutions innovantes, peu énergivores et réellement durables. En attendant, réduire notre consommation reste essentiel. Et espérons que nous trouverons des solutions efficaces avant qu’il ne soit trop tard. Voir le CO₂ comme un matériau et non pas comme une pollution n’est-il pas une des solutions ?

Promis, la prochaine fois je reviens aux fibres biodégradables.

Je vous laisse méditer et à la prochaine édition de la chronique MatérioThinking.
Nizami


Références

  1. La vapeur d’eau, ce visage caché du réchauffement climatique ?
  2. Réseaux métallo-organiques, une solution à la capture du CO2 ? – Nizami Israfilov
  3. Les pouvoirs étonnants des Réseaux métallo-organiques | Savoirs – Le quotidien de l’Université de Strasbourg↗

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MatérioThinking

MatérioThinking est la chronique du média Cosmos Materia qui explore la matière comme matériau et sujet de réflexion.

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Nizami ISRAFILOV, Ph.D

Docteur en chimie
Chroniqueur de MatérioThinking

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